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lundi 2 mai 2011

La Goule orientale et occidentale

Pour changer un brin, je me tournerais cette fois vers le sombre domaine de la non-vie et plus spécialement vers les Goules.



A la base, La Goule (de l'arabe al-ghûl, le "démon", la "créature", la "calamité" ) est une créature monstrueuse à la musculature puissante recouverte de fourrure et aux traits porcins, le tout surmonté d'une paire de défenses recourbées, pour achever en toute beauté. Les Goules hantent les cimetières (où elles peuvent se délecter de cadavres frais), les endroits peu fréquentés, ainsi que les déserts (une certaine rumeur parlerait du fait que des pilleurs de tombes auraient libéré ces engeances infectes en violant certains tombeaux oubliés... Mais bon, je ne suis sûr de rien sur ce point).


Le repas des Goules.

Une autre version dépeints la goule comme un démon femelle associé à l'Empuse grecque et capable de se métamorphoser en une séduisante jeune femme afin de charmer les voyageurs pour au final, les égorger et pomper leur substance vitale. La nécrophagie est associée au fait qu'une antique croyance prétends que l'âme et l'énergie vitale d'un homme restent durant quarante jours dans son corps (trois pour les animaux...).


Plus tard, la Goule entra dans le folklore européen sous une autre forme de plus sinistre réputation... Je m'explique : lorsqu'un homme se laisse aller à toute les dépravations et commence à prendre goût à la chair humaine, à sa mort, son cadavre revient à la vie (donc c'est un non-mort) sous la forme d'une Goule.

La Goule ressemble à un cadavre aux yeux rougeoyants dont la peau semble tendue à l'extrême sur le corps, au point de lui donner une apparence décharnée. Elle est dotée de dents et de griffes acérées. Selon certains son contact aurait des effets provoquant la paralysie. Pour terminer cette agréable description, le corps de la Goule est souvent d'une couleur violacée accompagnée de temps à autre de taches sombres.


Goule occidentale version rôliste.

La Goule occidentale perd presque tous les souvenirs de son ancienne vie (sauf dans des cas très rares) et il ne lui reste qu'un semblant d'intelligence égal à celui d'un prédateur rusé. Elle hante les cimetières à la recherche de corps ou de victimes mais, on peu aussi la croiser près des gibets.


Pour terminer en beauté, je vais brièvement vous conter une légende irakienne intitulée :
La femme qui mangeait les morts”(pas très original je sais).

Dans les faubourgs de Bagdad aux alentours du IVème siècle, vivait un vieux marchand qui n'avait qu'un fils qu'il aimait tendrement. Il était résolu à lui offrir pour épouse la fille d'un collègue marchand fortuné (seul tache au tableau la demoiselle était fort laide ce qui n'arrangeait pas le jeunôt). Ce mariage ne mettait pas vraiment le coeur d'Aboul-Hassan (c'est son nom) en liesse et il demanda à son père un peu de temps pour se décider.

Un soir qu'il se promenait seul à la seule clarté de la lune dans la campagne de Bagdad, il entendît une femme chanter quelques versets du Coran en s'accompagnant d'une guitare. Curieux il s'avanca en direction de la voix pour découvrir une superbe jeune femme dont il tomba éperdument amoureux...

Le lendemain après la prière, le jeune homme entreprit moult recherches pour finalement découvrir que sa belle âgée de 17 ans, n'était pas mariée et, fille d'un vieux sage, était pétrie de science (ce qui le fit littéralement s'embraser de pied en cap). Il alla trouver son vieux père et s'adressa à lui en ces termes :

"- Mon père, vous savez que jusqu'ici je n'ai su que vous obéir: j'ose aujourd'hui vous supplier de m'accorder une épouse de mon choix."


Le père émit quelques objections mais, voyant que cela ne changerait rien, il se résigna à aller parler au sage pour demander la main de sa fille. Les deux amants se virent ce qui généra un coup de foudre mutuel et le mariage ne tarda pas à pointer son museau... Après trois mois de bonheur, Aboul-Assan se réveilla en plein millieu de la nuit pour découvrir la couche désertée. Ce dernier pensant que sa fraiche épousée était sortie faire un tour, se mit en devoir de l'attendre mais Nadilla ne rentra qu'une heure avant le lever du jour. A son arrivée, Nadilla ne parla point de son absence nocturne et chaque soir le même manège se répèta.

Après une nuit torride de caresses (et je vous passe les détails), Nadilla s'esquiva en pensant son mari assoupi et Aboul-Assan s'habilla en hâte pour la suivre en faisant de longs détours. Il la vit entrer dans le cimetiere où elle s'enfonça dans un grand tombeau bordé de 3 lampes funêbres. Qu'elle ne fût pas la surprise du jeune-homme lorsqu'il découvrit sa jeune et tendre épouse occupée à festoyer avec plusieurs Goules (ou Gholes) qui se réunissaient là chaque nuit afin de prendre leur ration quotidienne de chair (pas spécialement fraiche...).


Il avait remarqué depuis son mariage que sa femme mangeait peu le soir, une observation qui ne semblait pas au premier abord avoir une aussi funeste explication. Une autre Goule amena un cadavre frais vers ses compagnes et pendant un instant le jeune-homme fût pris d'une envie de chasser ces immondes créatures mais, il se résigna à se calmer et les Goules déchiquetèrent joyeusement le malheureux trépassé en chantant des chansons infernales puis en dispersant les os, avant de se séparer non sans s'être embrassées avant de partir.

Aboul-Assan ne voulant pas être vu, regagna à la hâte son lit et fît comme si rien ne s'était passé jusqu'au lendemain soir ou il proposa une collation à son épouse qui refusa.

Il s'exclama avec colère :

- "Vous aimez mieux aller souper avec les Gholes !"

Nadilla ne dit rien, pâlit, trembla de fureur et alla se mettre au lit en silence avec son époux (déjà bien stupide de dormir à côté d'une goule...).

Au millieu de la nuit, lorsqu'elle le crût plongé dans un profond sommeil, elle dit d'une voix sombre :

- "Tiens expie ta curiosité sacrilège !"
En même temps elle se mît à genoux sur sa poitrine, le saisit à la gorge, lui ouvrît une veine et se disposa à boire son sang. Tout cela fût l'ouvrage d'un instant.


Le jeune-homme qui ne dormait point, s'échappa avec violence des bras de la furie et la frappa d'un coup de poignard qui la laissa mourante à ses côtés. Il appela au secours et les villageois accoururent aussitôt pour panser sa plaie et porter le lendemain la jeune Goule en terre.

Trois jours plus tard, le fantôme de la jeune femme apparût à Abul-Assan et tenta de l'étrangler, ce dernier ne dû son salut qu'à la fuite. Il fit ouvrir le tombeau de Nadilla qu'on trouva comme vivante et qui semblait respirer dans son cerceuil. On alla à la maison du sage qui passait pour le père de cette malheureuse et il avoua que sa fille avait été mariée deux ans auparavant à un officier du calife et s'étant livrée aux plus infâmes débauches. Elle avait été ensuite tuée par son mari; mais, elle avait retrouvé la vie dans son sépulcre pour retourner chez son père... On exhuma le corps pour le brûler, sur un bûcher de bois de senteur avant de disperser les cendres dans le Tigre et l'Arabie se débarassa d'un monstre...

Idraemir

7 commentaires:

  1. bravo pour ce documentaire des goules félicitations tres complet et tres amusant ;)

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    1. Merci, merci, c'est en réalité mon premier article sur le folklore que j'ai plus récemment amélioré grâce à des sources plus complètes. Ca me tenait à coeur d'en dépoussiérer certains ^^'.

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  2. Je fait un devoir sur les goules et sa ma beaucoup aider! Merci:)

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    1. Je n'aurai jamais imaginé un jour entendre parler d'un devoir sur les Goules... C'est ton professeur qui t'as choisi ce thème ou tu l'as sélectionné ? (et de rien au passage)

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  3. On devais choisir une créature fantastique,et faire un exposé sur notre choix:)

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  4. BRAVO !
    moi qui aime les histoires et les mythologie (et la science bizarrement) sa ma épaté BRAVO POUR CE TRAVAILLE !!!!!

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    1. Grand merci !

      Par-contre en relisant ce dernier (en diagonale) je me rends compte qu'il y a beaucoup d'éléments à corriger et retravailler dans le texte...

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