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samedi 21 mai 2011

L'origine de la Gargouille

Tous les Dragons ne crachent pas des flammes ou des vapeurs toxiques. Certains ont la capacité de déverser des torrents d'eau dévastateurs. Je parle bien sûr du Dragon-serpent appelé Gargouille (et oui, contrairement à la croyance, la Gargouille n'est pas cette bête ailée à la peau semblable à de la pierre qui hante les ruines, bien que la chose soit liée).

La Gargouille représentée par les rôlistes.

Le Dragon-serpent pour rappel, est un sous-ordre dans cette grande famille Draconique. Caractérisé par une absence de membres (au profit de nageoires plus adéquates dans un milieu aquatique) ainsi qu'un long corps (vous l'aurez compris) serpentiforme...


En l'an 520, la ville de Rouen se trouva menacée par un fléau qui avait surgi des eaux de la Seine. Une grande bête couverte d'écailles, dotée d'un long cou reptilien, parée de puissantes mâchoires soulignées par de lourdes arcades sourcilières surmontant des yeux qui brillaient comme des pierres précieuses. Le Dragon-serpent aux proportions gigantesque agita les deux nageoires qui lui tenaient lieu de membres et ouvrît se gueule d'où se déversa un flot continu et puissant d'eau qui rapidement inonda la campagne environnante.

Version plus exacte de la Gargouille.

les habitants lui trouvèrent bien vite le surnom de "Gargouille". La bête menaçait au fil du temps d'engloutir toute la vallée de la Seine sous le flot de ses projections (sans oublier les nombreuses victimes déchiquetées par ses crocs dans le meilleur des cas, ou noyées si elles tentaient de fuir). La situation devenait alarmante, à tel point que Saint Romain (l'Archevêque de Rouen) se décida à intervenir en allant lui-même terrasser la bête.


Lorsqu'il demanda à ses concitoyens qui allait l'accompagner pour affronter le monstre, un seul homme accepta : un condamné à mort n'ayant plus rien à perdre (on le comprends). Après un bref voyage sans encombres, les deux hommes atteignirent la grotte servant de repaire à la créature. A peine arrivés, le monstre apparût la gueule béante, afin de déverser son flot mortel. Sur l'instant, Saint Romain avança, leva les mains et fît le signe de croix les index tendus. La bête s'effondra, une rigole inoffensive s'écoulant de sa bouche (j'ai comme toujours du mal à donner crédit à ce genre d'exploits...). Le monstre, sa colère apaisée, devînt doux comme un agneau et l'Archevêque lui passa même son étole autour du cou pour former une laisse improvisée (n'essayez pas ça à la maison), ce qui permit au condamné de ramener la bête sans dommages à Rouen.

Dragon-serpent version abyssale.

En ville, les villageois réagirent de façon violente, bien décidés à exterminer la bête devenue inoffensive. La Gargouille fût tuée par le feu et ses cendres dispersées dans la Seine mais, son souvenir ne s'effaça jamais des mémoires (aujourd'hui encore on peut apercevoir au fronton d'innombrables églises d'Europe, des monstres “grotesques” par où s'échappe l'eau des gouttières et qui portent comme de juste, le nom de Gargouilles).

 
Saint Romain "maîtrisant" la Gargouille.

Idraemir

2 commentaires:

  1. Cela me rappelle la légende du Graoully de Metz, histoire inventée pour lutter contre le paganisme.

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    1. Oui les Dragons et les serpents (ce qui revient parfois au "même") ont souvent été utilisés par le catholicisme pour incarner l'"adversaire"...

      La conversion de l'Irlande lorsque saint Patrick arrive à vaincre les serpents de l'île est un exemple parmi tant d'autres.

      L'extermination de ces pauvres ophidiens représente la victoire de la "vraie foi" (soupir) sur l'adversaire, qui est responsable de l'ignorance du soi-disant dieu véritable (oui je m'enflamme un brin mais ce genre maquillage de la vérité à la truelle m'a toujours rendu acidulé sur les bords)...

      Le même schéma apparaît également pour saint Michel (Lug) dont les symboliques ont été totalement déformées... Bref, il y a de quoi remplir un dico rien que sur ce sujet malheureusement.

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